Des règles, oui, mais quelle transparence sur le terrain ?
Le cadre est clair sur le papier, mais plusieurs réalités locales viennent questionner l’effectivité de la transparence.
Des publications “techniques”
Entre CPF, DCE, AO, MAPA, de nombreux sigles viennent obscurcir l’accès à l’information. Pour un simple citoyen, passer du code au terrain nécessite souvent un effort colossal, même pour des marchés courants (nettoyage, restauration scolaire, etc.).
Des critères de choix ni hiérarchisés ni expliqués
La plupart des collectivités héraultaises publient les critères d’attribution (prix, qualité, délais, etc.), mais la pondération exacte et la justification des choix restent très souvent absentes des comptes rendus ou décisions affichées. Or, la jurisprudence rappelle que la collectivité doit pouvoir expliquer, ex-post, ses choix (voir Conseil d’État, 2017, n° 405494).
Enquêtes et affaires locales
Ces cinq dernières années, plusieurs marchés ont fait l’objet de critiques locales :
- À Sète, une enquête de Médiacités (2023) a pointé une concentration anormale de marchés de travaux attribués à deux entreprises proches de certains élus.
- Sur le projet de tramway 5 à Montpellier, la presse régionale (Midi Libre, La Gazette de Montpellier) a relayé les tensions autour du choix du fournisseur de motrices, attribué à Alstom, avec des concurrents dénonçant un manque de transparence sur les critères environnementaux.
- Ode à la Mer, à Lattes : le collectif Terres Lattoises a révélé l’opacité des attributions foncières et l’absence de publication de certaines études d’impact dans les appels d’offres.