Quels commerces s’accrochent – et pourquoi ?
1. Les métiers de bouche spécialisés : une valeur sûre, mais sous conditions
- Boulangeries artisanales : La demande de « vrai pain » – levain, bio, circuits courts – ne faiblit pas, portée par l’attention croissante à la santé et le goût du local (source : Observatoire du pain, 2023). À Montpellier, la rue de l’Aiguillerie ou de l’Ancien Courrier en compte encore plusieurs, souvent prises d’assaut. À Sète, la maison « Pouget », installée depuis 1913, continue d’attirer locaux et touristes grâce à ses spécialités régionales et sa notoriété.
- Boucheries et charcuteries artisanales : Moins nombreuses que jadis, elles s’adaptent par la qualité, l’origine (label Bio, viande locale), et des services différenciants (plats cuisinés, conseils, commandes spéciales).
- Cavistes et bars à vins en circuits courts : À Béziers, sur la place Jean Jaurès, les établissements promouvant les AOP régionales ou le vin nature affichent majorité de clientèle fidèle, croisant touristes, jeunes actifs et retraités locaux. Le modèle « bar-épicerie » hybride fonctionne bien, surtout à partir du printemps.
2. Les librairies indépendantes : des bastions culturels en reconquête
Incroyable mais vrai : Montpellier comme Sète voient renaître quelques librairies qui tiennent tête à Amazon, réinventant la relation locale et animant le quartier (rencontres, ateliers, clubs de lecture). Selon le Syndicat de la Librairie Française, entre 2017 et 2023, la librairie indépendante en zone urbaine a connu une stabilité voire une croissance légère, portée par un « retour d’envie d’achat en boutique physique », renforcé par des politiques municipales de soutien à la culture (subventions, communication).
À Sète, la librairie l’Echappée Belle et la Nouvelle Librairie Sétoise multiplient les événements et font vivre la littérature locale, tandis qu’à Béziers, l’embrasement culturel autour du festival Itinérances contribue à dynamiser ponctuellement les librairies du centre.
3. Les services de réparation : la résistance silencieuse
Cordonnier, couturier, réparateur d’électroménager… Ces « petits métiers » qui devenaient obsolètes ont regagné en pertinence grâce au coût croissant du neuf, à la prise de conscience écologique et à l’explosion de la mode « seconde main ». À Montpellier, plusieurs ateliers partagés ou labellisés « Répar’acteurs » (initiative Chambre de Métiers Occitanie) sont en croissance. À Béziers, les ateliers coopératifs de la rue Française visent à recréer du lien social autant que du service de proximité.
4. Le bien-être et les soins : une demande en croissance régulière
Coiffeurs, instituts de soins, opticiens locaux persistent et prospèrent dans les centres-villes. La part de marché de ces commerces, « in-délocalisables » par excellence, est renforcée par l’arrivée de populations âgées, actives ou étudiantes, qui privilégient la proximité humaine. Selon l’Union des Commerçants de Montpellier, « le secteur beauté et bien-être est l’un des rares à ouvrir plus qu’il ne ferme ces quatre dernières années dans l’Écusson ».
5. Les commerces à vocation culturelle et associative : innovation et hybridation
Les tiers-lieux, bars culturels, galeries associatives et autres structures hybrides (ex. : espaces de coworking-café-bibliothèque, ateliers de création artistique) apparaissent comme des antidotes au déclin commercial. C’est le cas à Sète, où la présence d’artistes et l’embellissement du centre-ville a su générer de nouveaux usages (expositions temporaires, marchés de créateurs).